L'intelligence technique perd en efficacité sans intelligence des usages

La transformation des usages est un incontournable quand on parle de transition énergétique. Cependant cette transition repose encore essentiellement sur des modes techniques qui n'accompagnent pas ou pas assez la transformation de nos pratiques quotidiennes. Pourtant et paradoxalement, les technologies nous sont présentées comme le moyen de devenir des CONSOM'ACTEURS, ce qui est particulièrement vrai en matière de transition énergétique. Mais ces mêmes technologies restent compliquées à utiliser. Elles ne nous invitent pas à changer nos habitudes pour consommer mieux et moins. C'est le primat de la technique et de l’efficacité énergétique sur la question sociale. L'intelligence des usages est peu mobilisée avec pour conséquence une appropriation difficile des objets techniques, des effets rebond (hausse des consommations malgré une amélioration de l'efficacité énergétique) ou encore le retour des routines de comportement. Quand on prend du recul sur les résultats obtenus ces 20 dernières années, on constate que les usages évoluent trop lentement et que l'intelligence technique seule est loin de garantir une transition énergétique à la hauteur des enjeux.
Ne pas mobiliser l'intelligence des usages est non seulement un problème environnemental mais c'est aussi un problème économique. En effet, une partie des moyens financiers mis sur la transition énergétique est minée par des contre-performances économiques et environnementales parce que l'accompagnement des usages est trop souvent mis au second plan : des usages qui ne se transforment pas, sont autant de trous percés dans le seau de l'efficacité énergétique.
Il ne s'agit pas de montrer du doigt des comportements inadaptés ; encore moins de dire qu'il suffirait "d'influencer" les comportements ou de diffuser des bonnes pratiques pour que les usagers obtempèrent ! Cette intelligence des usages, nous devons la mobiliser. Et la 1ère chose que nous avons à faire, c'est de donner envie aux citoyens de PARTICIPER à la transition de leurs lieux de vie.

PARTICIPER ce n'est pas seulement prendre part et apporter sa part. C'est aussi recevoir sa part. Des monnaies complémentaires ou alternatives qui se gagnent lorsque l'on participe activement à la transition énergétique de son lieu de vie, ont une place à trouver dans la mobilisation de l'intelligence des usages.

Caroline Alazard